Rares sont les personnes de plus de 50 ans qui ne craignent pas de souffrir dans leur vieillesse de la maladie d’Alzheimer et donc de démence. Les chiffres leur donnent malheureusement raison : parmi les personnes de plus de 85 ans, près d’une personne sur quatre est affectée par cette maladie. Jusqu’à ce jour, il n’existe pas de traitement curatif permettant de la guérir, mais la recherche s’efforce de trouver des substances permettant de ralentir, voire de stopper la progression de la maladie.

La Société Suisse de Psychiatrie et Psychothérapie de la Personne Agée (SGAP -SPPA) a présenté lors de son Assemblée générale fin juin 2024 les résultats d’études portant sur de nouvelles substances. L’Alzheimer est une maladie neurodégénérative chronique due à une inflammation qui détruit les neurones et détériore peu à peu la fonction cognitive. Sur le plan biomoléculaire, elle se caractérise par la modification de deux protéines dans le cerveau : la peptide béta amyloïde qui se dépose en plaques et la protéine tau qui s’accumule en filaments dans les cellules.
Une molécule du nom de Lecanemab, un anticorps monoclonal, a été homologuée aux USA en juin 2023 après 18 mois d’essais en double aveugle et avec placebo.

Les premiers traitements en milieu hospitalier ont eu lieu en décembre 2023, avec des résultats encourageants. Les plaques d’amyloïdes se résorbaient et la dégradation de l’état des patients diminuait en moyenne de 27%. Les données obtenues semblent indiquer que cette molécule permet d’enlever de manière efficace les amyloïdes béta du cerveau et d’améliorer la qualité de vie des patients et de leurs proches. Mais cette substance ne peut être administrée sans risque à toutes les personnes souffrant d’Alzheimer, car elle favorise chez certaines d’entre elles avec un génotype particulier des micro-saignements potentiellement létaux.

La question de savoir si la molécule est efficace également sur le plus long terme est toujours ouverte, vu le peu de recul. Mais il s’agit en tout cas d’un (mince) espoir de contrer cette maladie insidieuse. Un espoir que les interprètes présentes à ce séminaire, toutes deux âgées de plus de 50 ans, partagent de tout cœur.