Category Archives: Blog

Que font les interprètes en période de Coronavirus?

By | Blog | No Comments

Le confinement a durement frappé les interprètes indépendantes que nous sommes. D’un jour à l’autre à la mi-mars 2020, tous les mandats d’interprétation ont été annulés, ce alors que normalement durant les mois d’avril à juin  c’est la saison de pointe des conférences.

Comment les interprètes d’a-traduction.com ont-elles traversé la crise ? Trois d’entre elles répondent à cette question.  La première a profité de ce « repos forcé » pour s’initier dans un cours à l’interprétation simultanée à distance, qu’elle pratique avec assiduité en ce moment. Vous pourrez également en profiter, puisque nous avons désormais élargi notre palette d’offres avec de l’interprétation simultanée à distance. La seconde s’est davantage concentrée sur des traductions écrites et la troisième a eu la chance d’être appelée à interpréter quelques fois à la Télévision suisse romande lors des points de presse du Conseil fédéral et de l’Office fédéral de la santé publique.

Nous sommes pourtant très heureuses  de sortir enfin du confinement et de pouvoir retravailler dès le 6 juin en tant qu’interprètes lors d’assemblées réunissant moins de 300 personnes. Et en modifiant quelque peu la fameuse devise scoute : SOIS PRÊT, nous sommes toujours là et toujours prêtes  – à votre service !

Avantages et inconvénients de l’interprétation à distance

By | Blog | No Comments

La période de confinement a vu émerger le recours accru aux nouvelles technologies dans le monde du travail, favorisant ainsi le télétravail, les conférences « virtuelles » et… l’interprétation à distance (en anglais : remote simultaneous interpreting ou RSI).

Mais qu’est-ce que l’interprétation à distance et quelles en sont les exigences techniques ? Quels en sont les avantages et les inconvénients ? Un tableau comparatif viendra conclure cet article.

L’interprétation à distance dans le cadre de réunions en petits comités ou de conférences avec plusieurs centaines voire des milliers de participants est possible via des plateformes de conférence (type Zoom) avec ajout de la configuration « Interprétation »  et/ou de conférence ET d’interprétation (type Interactio). À cette fin, un équipement adéquat est indispensable, notamment en vue d’une transmission totalement fluide du son et de la caméra, autrement dit pour entendre et voir d’une part et être entendu et vu d’autre part, et donc être interprété de façon optimale : un casque et un micro de qualité avec prise USB uniquement, ainsi qu’une connexion haut débit à Internet via un câble Ethernet (et non Wifi). C’est en effet à ces seules conditions techniques, remplies par chaque participant y compris par les interprètes, que la prestation d’interprétation sera possible et de qualité. Par ailleurs, il convient de procéder au préalable (la veille de la conférence puis quelques minutes avant qu’elle ne commence) à des tests techniques pour s’assurer de la qualité du son et de la caméra.

Du point de vue des organisateurs de conférences et des délégués, les conférences virtuelles, outre leur intérêt budgétaire (moins chères que la location d’une cabine d’interprétation) et leur efficacité, ainsi que le gain de temps et la flexibilité qu’elles permettent, privent néanmoins des atouts du « présentiel » : rapport humain et communication réels, avec la convivialité des échanges. Mais la perspective des interprètes ajoute à ces éléments la difficulté du travail d’équipe en cabine (relais, notes terminologiques, des noms et des nombres, partage et aide au suivi des documents, etc.) et, surtout, c’est leur concentration qui est davantage encore sollicitée : la prestation est donc bien plus épuisante pour les interprètes qui doivent en conséquence se relayer toutes les 20 mn environ au lieu de 30. De ce fait, il est d’usage d’appliquer une majoration de 20 % au tarif de la prestation.

Ci-dessous un tableau comparatif quelques-unes des plateformes les plus utilisées : Zoom, Kudo, interactio, Blackpearl (liste non exhaustive).

Nom de la plateforme Brève description Respect de la norme ISO 2019 Protection des données Nombre de langues Nombre de participant-e-s Facilité d’utilisation et qualité du son (si équipement adéquat) Prix
Zoom Système de conférence à distance avec  canal de langue rajouté Non Transitent par USA Indéfini

 

Plusieurs centaines (voire davantage) Très facile pour les participants.

Moins facile pour les interprètes qui ne peuvent pas entendre leur binôme (co-équipier).

Son de bonne qualité. Présence de technicien non obligatoire.

Bon marché après acquisition du Logiciel payant
Kudo (utilisé par l’Union Internationale des Télécommunications) Plateforme de conférence avec canaux de langues intégrés ? Transitent par USA 4 (ou plus) Prix moins élevé qu’en cabine, possible avec studio
Interactio (utilisé par l’Union Européenne) Plateforme de conférence avec canaux de langues intégrés Oui 10 et plus ? Plusieurs milliers Très facile pour les participant-e-s.

Très facile pour les interprètes : la plateforme reproduit une console d’interprétation représentée sur l’écran.

Son de très bonne qualité.

Présence de techniciens gérant les questions techniques.

Plusieurs réunions ou ateliers peuvent se tenir en parallèle.

Prix moins élevé qu’en cabine traditionnelle
Blackpearl Studio d’interprétation près de Berne pour les interprètes.

Les techniciens du studio prennent en charge tous les détails techniques chez le client (langues sources et interprétées).

 

oui Restent en Suisse 7 60 sur place et 10 par vidéo Très facile pour les participant-e-s.

Très facile pour les interprètes assis dans une cabine d’interprétation.

Son de très bonne qualité.

Présence de techniciens gérant les questions techniques.

Plusieurs réunion ou ateliers peuvent se tenir en parallèle.

Prix identique à l’option avec cabine

Wie aus einem fiependen Klippschliefer ein schreiender Hirsch wurde – oder von den Tücken des Übersetzens von einem Kulturraum in einen anderen

By | Blog | No Comments

Die Übersetzung der Heiligen Schrift durch Martin Luther und spätere, ehrlich gemeinte und wissenschaftlich fundierte Verbesserungen waren immer wieder ein Thema für hitzige Diskussionen. So berichtet eine (bereits àltere) Anekdote über einen Pfarrer im Baltikum, der sich im Freundeskreis über die Ergebnisse der historischen Forschung an der Bibel ausliess:  » … Nun haben wir hier eine schöne Übersetzung von Martin Luther, in der lesen wir den Beginn von Psalm 43 so: Wie der Hirsch schreyet nach frischem Wasser, so dürstet meine Seele nach dir, o Gott. »

Ein schöner Satz mit Rhythmus, in Europa für alle verständlich und nachvollziehbar. Nun kommt die neuere Forschung und erklärt uns, im Wortsinne handele es sich keineswegs um einen Hirschen, handele, sondern es sei vielmehr ein Klippschliefer gemeint, wie er in den ariden Klimaver- hältnissen des Orients häufig anzutreffen sei. Er schreie auch nicht, sondern es sei eher ein hohes Fiepen, das er von sich gibt. Ebenso sei es mit dem Wort `dürsten´ strenggenommen eher das Hecheln eines Tieres bei Trockenheit bezeichnet. Schliesslich müsse man getreu dem Wortsinn hier anstatt an `frischem Wasser´ eher an denaturiertes Naphta denken, wie es in den felsigen Gegenden Judaeas vermengt mit Wasser oft vorkomme. Die Seele sei im hebräischen Original doch nephesch, also Kehle oder Schlund. Nun heisst das also zusammengenommen, dass wir durch Mithilfe der Wissenschaft zu folgender Übersetzung gelangen:

« Wie der Klippschliefer nach denaturiertem Naphta fiept, so hechelt mein Schlund nach dir, o Gott. »

Daraufhin nahm der Pfarrer einen tiefen Zug aus seinem Weinglas und schloss an: « Wie, meint Ihr nun, soll ich das am Sonntag meiner Gemeinde klar machen? ».

Das Ganze zeigt, dass Kommunikation, besonders über Kultur- und Sprachgrenzen hinweg, fast einem (Pfingst-)Wunder gleicht!. Wir Übersetzerinnen und Übersetzer  freuen (und staunen manchmal) darüber, dass wichtige Inhalte über die Grenzen von Zeit, Sprache und Raum lebendig und wirksam bleiben und immer neue Formen finden, manchmal ernsthaft und manchmal lustig.

Le Brexit suscitera-t-il une « révolution linguistique » au sein de l’UE?

By | Blog | No Comments

Le 31 janvier 2020, la Grande-Bretagne a quitté l’Union Européenne (UE), avec à la clé une réduction importante du nombre des anglophones de naissance. De troisième langue la plus parlée dans l’UE, l’anglais a chuté fin janvier à la 17ème place (sur les 24 langues officielles). L’Irlande et Malte ne constituent en effet que 2,6% de la population de l’UE. Désormais, les populations germanophones et francophones de naissance les dépassent largement, ainsi que dans une moindre mesure les hispano- et italophones. (L’auteure de ce blog ne résiste pas au malin plaisir de souligner que la majorité de l’équipe de a-traduction.com fait partie des quatre groupes linguistiques citées ci-dessus).

On peut dès lors légitimement se demander si cette diminution des « native speakers » au sein de l’UE ne devrait pas redistribuer la carte des mandats de traduction et d’interprétation? Pour rappel, la chancelière allemande (qui, ayant grandi en RDA, maîtrise parfaitement le russe, mais non l’anglais) avait insisté pour garder l’allemand comme langue active au sein de la Délégation de l’UE auprès des Nations-Unies à Genève. Le président français Macron ne devrait-il pas avoir à coeur de défendre l' »exception culturelle française » et réclamer qu’on accorde plus de poids à la langue de Molière? La répomse est un « Oui, mais… », car l’anglais a pris le dessus ces dernières années. Un sondage Eurobaromètre révèle qu’environ 40% des personnesn vivant dans l’UE et parlant une langue étrangère manient l’anglais (contre 12% pour le français, 11% pour l’allemand et 7% pour l’espagnol). L’anglais reste aussi la « langue-pivot » (ou relais) pour les interprètes, les traductrices et traducteurs qui transposent un message d’une langue à une autre (partant par exemple du letton par l’anglais pour arriver au portugais). Le résultat est malheureusement navrant: de nombreux rapports ne sont plus publiés qu’en anglais.

Mais le vent est peut-être en train de tourner. Des fonctionnaires européens ont demandé dans une pétition adressées à la présidente allemande de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, de pouvoir travailler dans leur langue maternelle ou au moins dans une des deux autres langues officielles autre que l’anglais. Une petite « révolution linguistique » aura-t-elle lieu ces prochaines années à Bruxelles?

Merci aux quotidiens Le Courrier et La Liberté qui ont inspiré ce blog.

Adieu à la diversité linguistique?

By | Blog | No Comments

Cet été, j’ai eu la chance de partir pour trois semaines au Grand Nord (Arctique canadien et Groenland). En tant qu’interprète, j’ai écouté avec fascination les Inuits parler une langue pleine de la lettre « q » et de doubles voyelles (aa, ai, iu). J’ai évidemment voulu en savoir plus sur les langues eskimo-aléoutes. Le trait commun des 16 dialectes inuits parlés par environ 100’000 locutrices et locuteurs est d’être agglutinantes. Elles synthétisent sur un radical des suffixes et des éléments significatifs, tels que COI ou COD, pour aboutir à de (très) longs mots, qui dans des langues indo-européennes formeraient une phrase entière (par ex. j’ai pu chasser un phoque).

Les différentes communautés inuites sont toujours très isolées les unes des autres. Il est ainsi plus facile de se rendre de Kangerlussuaq au Groenland à Copenhague à quelques milliers de kilomètres qu’au Nunavik canadien situé à quelques centaines de kilomètres. Cette fragmentation des populations inuits a conduit à une colonisation par différents autres pays (Danemark, Canada, Russie), et par la suite à des systèmes d’écriture de l’inuit très divergents : en cyrillique pour les peuples en Sibérie, en cri au Canada et en alphabet latin au Groenland. Dans de telles conditions, l’uniformisation de l’écriture est-elle la bouée de sauvetage des langues inuites ou au contraire une tentative d’assimilation avant l’abandon de ces langues (à l’exception de l’usage oral domestique) ?

Cette question ne se pose pas seulement au Grand Nord, mais aussi pour les petites communautés en Europe continentale, comme par exemple le romanche en Suisse. Cette langue romane (rumantsch) est parlée par environ 60’000 personnes. Quoiqu’il s’agisse de la quatrième langue nationale suisse, l’usage du romanche est en récession constante et il y a lieu de craindre pour son avenir. L’uniformisation de la forme écrite du romanche à partir des cinq principaux dialectes n’a pas suffi à enrayer son déclin, car les locutrices et locuteurs quittent souvent leurs vallées alpines pour travailler dans les villes suisses-alémaniques du Plateau et ne s’expriment dès lors plus que rarement dans leur langue maternelle.

La diversité linguistique est-elle appelée à disparaître et seules les langues dites utiles, car « économiquement fortes » survivront-elles ? Ce serait une grande perte pour l’humanité, car chaque langue est adaptée à son environnement (songeons aux 50 expressions pour définir la neige de Smilla dans le roman de Peter Hoeg) et fait partie de l’identité de ses locuteurs et locutrices.

Au tribunal

By | Blog | No Comments

Riss1

Les morts violents sont heureusement rares en Suisse. Assister en tant qu’interprète au procès d’une personne accusée de meurtre est donc un « événement » des plus rares. C’est pourtant ce qu’a vécu une des interprètes de A-Traduction. Elle a suivi pendant plus d’une année depuis l’instruction du cas par le procureur (y compris une reconstruction sur les lieux) jusqu’aux procès en 1ère et 2ème instance. Une situation parfois difficile à vivre pour une interprète, même si elle n’est pas directement impliquée et se doit de rester neutre. Les photographes étant interdits d’audience, les journalistes font illustrer leurs propos par des dessins de presse. On aperçoit sur ce dessin un défenseur lors d’un procès devant le Tribunal pénal.

Tour de Suisse des paysannes

By | Blog | No Comments

 

L’interprétation se déroule dans des salles obscures où défilent des powerpoint ? Pas toujours ! L’interprétation peut aussi avoir lieu en plein champ, comme ici lors d’un « Tour de Suisse des paysannes » lors de l’Année internationale des exploitations agricoles familiales. L’organisation Swissaid avait alors invité des paysannes venues d’Afrique, d’Asie et des Amériques pour un échange avec des paysannes suisses. Pendant près d’un mois, elles ont sillonné la Suisse, depuis Genève, en passant par la Suisse centrale pour terminer à l’OLMA (la plus grande foire agricole en Suisse) à St-Gall. Lors des visites aux champs et à la ferme, les paysannes invitées et les interprètes ont pu goûter à des spécialités culinaires locales telles que le Ribelimais dans la vallée du Rhin et même cueillir des bouquets de fleurs (les tournesols avaient été plantés pour améliorer la fertilité du sol, mais pourquoi se priver d’un petit plaisir ?).

We are the champions

By | Blog | No Comments

Vous avez toujours rêvé d’entrer dans un stade par l’entrée des athlètes au son de l’hymne « We are the champions » ? Malheureusement vous n’avez plus l’âge des jeunes footballeurs ou le talent de Zidane ? Ne désespérez pas pour autant ! Read More